Après un
deuxième visionnement de ce film, s’est imposée à moi une
profonde réflexion sur l’engagement de l’être humain. Bien
humblement, j’ose partager avec vous quelques réactions que ce film
a suscitées.
UN GROUPE ISLAMIQUE S’ATTAQUE AUX TRAVAILLEURS ÉTRANGERS
En Algérie, vivent des moines
cisterciens de Tibhirine.
L’histoire a cours de 1993 à 1996.
On nous fait découvrir, à travers leur quotidien, le travail de ces
moines dans la société algérienne. Tout au long du film, on assiste à
la pratique de leur croyance par des chants a cappella d'une
profondeur de texte qui nous amène dans un autre monde.
-
Leurs
questionnements face aux circonstances qu’ils subissent.
-
Leur
engagement dans cette mission.
-
Leur
credo à une force supérieure.
Pour ma part, en quittant le cinéma, j’étais comblée
d’une paix intérieure plus grande que la méditation.
Enfin, j’avais confiance en la force, la loyauté, la
simplicité, la gratuité, le dévouement que seul l’être
humain est apte à transmettre.
Peu importe
nos croyances, ce n’est pas une question de religion, mais d’une
spiritualité qui est, de nos jours, obnubilée par la force du
matérialisme.
Ce sont de
simples réflexions que ce film a provoquées en moi.
Lucille Morand
Mars 2011
C'est recueilli, enrichi et ému que je suis sorti de cette salle de
cinéma où l'on projetait le film « Des hommes et des dieux ».
Quelle richesse de valeurs essentielles ! Quelle moisson de
messages imprégnés d'espérance ! Je n'ai pu retenir tous les
prénoms de ces hommes et de ces dieux, mais prenons certaines
répliques de Luc, le médecin, qui m'ont marqué et inspiré.
Comme lui, devant l'inévitable qui se présentera un jour, je
souhaite répondre à ceux qui me demanderont si je crains la mort : «
Non, je ne la crains pas. Je suis un homme LIBRE. Et
cette scène du repas que chacun sait probablement l'un des derniers,
Luc les surprenant tous, arrivant avec son vin et sa pièce musicale,
fait sourire en coin certains, s'interroger d'autres, se résigner
devant le destin pour la plupart. L'un boit timidement son vin
et n'a pas le coeur à la fête, un second trempe les lèvres seulement
par solidarité, un troisième n'y arrive tout simplement pas, la
douleur lui nouant probablement trop la gorge et Luc, fidèle à
lui-même depuis le début du film, boira sans retenue sa coupe de vin
et même une deuxième... Il est LIBRE. Chacun donc,
s'interrogeant sur ce qui les attend, vit ce repas comme une
DERNIÈRE CÈNE. Le deuil plane à l'horizon.
Bref, que de scènes magnifiques m'ont touché, que de répliques
débordantes de sens pendant ce film ont suggéré un cap nouveau à ma
vie ! Il n'y a qu'à écouter parler et qu'à regarder
agir ces moines: l'ouverture au peuple d'une autre confession qui
les entoure, le pieux mensonge de Christian qui sauvegarde les
médicaments au bénéfice des blessés plutôt qu'à un mauvais usage
fait par l'armée, la vie du soldat qu'il sauve, enfant de Dieu lui
aussi, ne pas juger, ne pas condamner, faire du bien à ceux
qui vous font du tort... Comme il y aurait encore long à dire !
Ce film est à voir et à revoir.
Gilles
Avril 2011
DES HOMMES ET DES DIEUX
(Film de Xavier Beauvois)
Le drame dont il est
question dans ce film eut lieu en 1996, alors que régnait en Algérie,
depuis quelques années une situation très confuse entre le Parti
Politique au pouvoir et le FIS (Front Islamique du Salut), ainsi
qu'avec le GIA (Groupe Islamique Armé). Aussi, vivant en
France, je me garderai bien d'émettre un avis politique quel qu'il
soit à ce sujet et pour cause... ! Je dirai tout simplement que
lorsqu'il règne dans un pays une atmosphère de subversion, de guerre
civile et de terreur comme c'était le cas dans ce pays du Maghreb au
moment où cette affaire s'est produite, la tentation est forte pour
certains de commettre des délits très graves dans un but de
déstabilisation pour imposer leur autorité... !
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C’est un film dont on ne
sort pas indemne. Il parle de l’Homme, de sa force, de ses
faiblesses aussi et ne verse jamais dans la « bondieuserie ». Il
touche au plus profond de notre être et il est d’une grande
puissance émotionnelle en raison du sujet traité. On ne peut pas
rester insensible devant un acte aussi abject et commis de
sang-froid.
Nous
nous demandons comment des êtres humains peuvent en arriver à un tel
degré de violence et de barbarie ? Face à cela, nous sommes en
droit de nous poser bien des questions, sachant que la vie est une
chose sacrée et que nul n'a le droit d'y porter volontairement
atteinte. S'est-il agi, dans le cas qui nous concerne ici, de
l'application de la « charia » obscurantiste poussée par un
fanatisme aveugle chez ces assassins et à un point tel que leur
propre vie ou celle des autres n'aurait eu aucune valeur ? Nous n'en
savons rien !!!
Le
film fait ressortir en
parallèle
ce qu'il y a de meilleur et de
pire dans tout être humain.
D'un côté, les moines qui vont au bout de leur engagement jusqu'à
l'ultime sacrifice, tout en connaissant des peurs et des doutes
profonds parce qu'ils sont des Hommes; de l'autre côté, des
fanatiques endurcis, prêts à tout et dénués de toute humanité.
Quel contraste !
J'ai aimé le déroulement
lent des différentes séquences; cela nous permettait de ressentir
vraiment l'atmosphère fraternelle et calme qui régnait dans ce
monastère baigné de prières, de silence et de chants sacrés
magnifiques interprétés sur le rythme des chants grégoriens.
Très impressionnant le
passage du film où le Prieur Christian dit aux terroristes entrés de
force dans le monastère: « On ne rentre pas ici avec des armes.
Allons négocier dehors. » Tout commentaire serait inutile ici.
Autre moment extrêmement
fort: la séquence où Frère Luc met sur un vieux tourne-disque « La
mort du Cygne du Lac des Cygnes de Tchaïkovsky » et offre un verre
de vin à ses frères. C’est inattendu; nous sommes véritablement
saisis par cette musique et nous devinons très bien ce que chacun
d’eux ressent et vit à ce moment-là, car ce sont des « hommes » et
ils ont peur, mais ils iront jusqu’au bout; ils ont le courage des
Hommes de Foi.
La
dernière séquence où les sept moines marchent vers leur ultime
destin en gravissant une pente enneigée est poignante; ils restent
calmes et dignes tout en sachant ce qui les attend au bout du
chemin.
Ce film est beau et grand
dans sa présentation: images sobres, sans ostentation, qui nous
laissent deviner beaucoup de choses et qui respectent tout ce qui
touche au « sacré ». Ce dernier point est très important, vu le
contexte dans lequel l’action se déroule.
Les acteurs s'identifient réellement au rôle qu'ils incarnent.
Au cours d'un entretien à la télévision, ils ont dit avoir passé
quelques jours dans un monastère de moines cisterciens avant le
tournage pour s'imprégner de leur rôle et ils ont avoué avoir été
très marqués par cette expérience.
Je
n'hésite pas à employer le mot « recueillement » en parlant de
l'assistance: pas un mot, pas un bruit, et j'ajouterais presque -
pas un souffle - durant la représentation. Silence frappant à
la sortie.
Nous
en avons beaucoup parlé entre nous depuis et ce film nous a marqués
profondément, car en 1996, nous avions vécu avec une grande tristesse
l'assassinat de ces moines français de
Tibhirine.
Cette affaire n'est d'ailleurs toujours pas élucidée de l'autre côté
de la Méditerranée, les uns reportant la responsabilité sur les
autres. Qui a fait quoi à ce moment-là, le saura-t-on un jour
? Ce n'est pas sûr.
Une
chose est certaine: ce film nous a interpellés quant à la valeur et
au sens à donner à la vie. Il nous a permis aussi de remettre
certaines choses en question et de déterminer ce qui est valable et
ce qui ne l'est pas dans le monde parfois déstabilisant dans lequel
nous vivons.
L. B. P., France
Mai 2011
C'est vrai,
dans le monde chrétien, tout le monde a été ému. Faut-il
pardonner, au nom du bon Dieu ?
Maurice VIGO
Mai 2011
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