Quand la lumière brille et que le coeur est en fête
Chronique Signe des Temps
 

 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

Historienne et romancière québécoise. En 1969, elle fut désignée « femme canadienne-française de l'année » par le magazine Châtelaine. On lui doit notamment le feuilleton télévisé Entre chien et loup, diffusé pour la première fois en 1984, qui raconte la vie rurale des Québécois du début du XXe siècle. Ce feuilleton a ensuite été transposé en roman.

 

 

 
Aujourd'hui, le soleil brille de tous ses feux.  C'est l'été à son meilleur et pourtant, je délaisse ma farniente pour aller rédiger ma chronique.  Je m'installe dans mon bureau aussi chaud qu'un four à pain.  Qu'à cela ne tienne !  Je fais une incursion dans ma mémoire pour trouver une idée « rafraîchissante ».
 
Ça y est !  Me voilà au temps de mon enfance.  Par les soirées chaudes d'été, je sortais par la fenêtre du pignon de ma chambre et je m'allongeais sur le toit du fournil.  Face au ciel d'une nuit sans lune, je contemplais les myriades d'étoiles perçant l'opacité de la nuit.  Quel merveilleux spectacle !  Dieu créa les étoiles avec leur lumière discrète et je vis bien que cela était beau et bon.
 
Après ce beau détour, voilà que des rires et des cris de joie attirent mon attention.  Petits et grands, jeunes et vieux sont rassemblés dans le parc pour fêter notre patron.  En deux temps trois mouvements, je me mets sur mon « trente-six » et je me retrouve au milieu de la foule fascinée par la lumière dévorante du feu de la Saint-Jean-Baptiste.  De simples branchailles hissées à force de bras par des bénévoles pour réjouir tout le monde: riches ou pauvres, amoureux ou esseulés, personnes joyeuses ou triturées par des souffrances d'autant plus douloureuses qu'elles sont secrètes.
 
Puis vient la pétarade du feu d'artifice.  Magie de couleurs et de lumière !  Bruissements, puis exclamations d'allégresse où les coeurs vibrent à l'unisson, l'espace d'un moment, l'espace du temps d'une fête.  Oui !  Dieu créa la lumière et nous avons vu que cela était beau et bon.
 
N'est-ce pas sous forme de langues de feu que le Seigneur manifesta la descente de l'Esprit-Saint sur ses apôtres pour y répandre la lumière de ses dons ?  Quand le branle-bas des nuages, des orages ou des tornades intérieurs perturbe notre paix et ébranle notre foi, c'est en cette Lumière reçue à notre confirmation que nous devons puiser notre espérance.
 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

 

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