Bonne fête « Coeur de Môman »  
Chronique Signe des Temps

 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

Historienne et romancière québécoise. En 1969, elle fut désignée « femme canadienne-française de l'année » par le magazine Châtelaine. On lui doit notamment le feuilleton télévisé Entre chien et loup, diffusé pour la première fois en 1984, qui raconte la vie rurale des Québécois du début du XXe siècle. Ce feuilleton a ensuite été transposé en roman.

 

 
Le deuxième dimanche du mois de mai est consacré à la Fête des mères, cependant c'est tous les jours que l'on doit avoir une bonne pensée, une prière pour nos mamans.  Étant une éternelle glaneuse, j'ai recueilli pour vous, mères de famille, une profusion de qualificatifs que je vous offre sous forme de litanie digne des grandes saintes en cheminement:
 
  Mères accueillantes, bonnes et généreuses,
  Mères puits de sagesse, sources intarissables de tendresse,
  Mères au dévouement sans borne,
  Mères bienveillantes et courageuses,
  Mères aimantes et compréhensives,
  Mères qui patiemment fermez les yeux sur la crise de croissance de vos ados,
  je vous admire.
 

 

J'oublie volontairement vos limites en espérant que vos enfants en fassent autant, car vous êtes reliées à chacun d'eux par un amour indescriptible.  Comme tous les humains, vous agissez au meilleur de votre connaissance, avec les hauts et les bas de la nature humaine.  Si vous avez un si grand coeur, vous avez aussi un corps qui résiste tant bien que mal à l'usure du temps.  Je termine ma litanie:
 
  Bienheureuses les mères dont les enfants devinent la fatigue,
  Bienheureuses les mères dont les enfants, en grandissant, se prennent en charge,
  Bienheureuses les mères vieillissantes, soutenues par leurs enfants,
  car, comment mieux parler d'amour que dans les gestes quotidiens ?  Ce peut être aussi en rendant visite ou en offrant une sortie, façons discrètes de tendre à votre maman des fleurs une à une tout au long de l'année plutôt que de lui offrir un gros bouquet le deuxième dimanche de mai.
 
Les mères ne sont pas parfaites, c'est sans doute ce qui les rend compréhensives et plus indulgentes envers leur progéniture.  Bienheureux les enfants qui, devenus adultes, acceptent leur mère telle qu'elle est, qui oublient leurs frustrations d'enfants et qui refont un bilan positif de la place qu'ils tiennent dans son « Coeur de Môman ».
 
Il est deux catégories de mères à qui j'adresse tout particulièrement mes voeux.

Bonne fête à toi qui as perdu un enfant au cours de l'année, c'est une souffrance sans nom.  Communion de pensée, paix et sérénité.  À travers le brouillard de tes larmes, que brille le soleil de l'espérance.
 
Bonne fête aussi à toutes les mamans qui sont mères dans le secret de leur coeur.  Toi qui jadis as donné naissance à un enfant dans la clandestinité d'une maison ou d'une crèche et qui as été forcée de signer l'acte d'abandon parce que, en ce temps-là, on n'avait pas compris que toute vie est don de Dieu, pardon pour autant de souffrances inutiles, pardon pour ce froid au creux de ton ventre, pour ce frisson en ton coeur à chaque fois que tu penses à ton enfant traité d'illégitime par les bien-pensants.  Que le Seigneur d'amour te délivre du sentiment de culpabilité et de honte qui te crucifie au silence, qu'Il te bénisse pour avoir donnée la vie.  Au nom de ton enfant et en mon nom, quel que soit le jour de l'année:
 

Bonne fête « Coeur de Môman » !

 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

 

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