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Far-niente |
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Théophile GAUTIER
(1811-1872)
À l'âge
de dix-huit ans, une rencontre avec Victor Hugo lui
donna aussitôt le goût de la littérature. Théophile
Gautier aborda autant la critique d'art que le conte
fantastique ou le récit historique. Grâce à sa
théorie de « l'art pour l'art », il est surtout
connu pour être le maître de l'école poétique
parnassienne : l'art n'a pas à être utile ou
vertueux et son seul but est la beauté. |
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Quand je
n’ai
rien à
faire,
et qu’à
peine un
nuage
Dans les
champs
bleus du
ciel,
flocon
de
laine,
nage,
J’aime à
m’écouter
vivre,
et,
libre de
soucis,
Loin des
chemins
poudreux,
à
demeurer
assis
Sur un
moelleux
tapis de
fougère
et de
mousse,
Au bord
des bois
touffus
où la
chaleur
s’émousse.
Là, pour
tuer le
temps,
j’observe
la
fourmi
Qui,
pensant
au
retour
de
l’hiver
ennemi,
Pour son
grenier
dérobe
un grain
d’orge à
la
gerbe,
Le
puceron
qui
grimpe
et se
pende au
brin
d’herbe,
La
chenille
traînant
ses
anneaux
veloutés,
La
limace
baveuse
aux
sillons
argentés,
Et le
frais
papillon
qui de
fleurs
en
fleurs
vole.
Ensuite
je
regarde,
amusement
frivole,
La
lumière
brisant
dans
chacun
de mes
cils,
Palissade
opposée
à ses
rayons
subtils,
Les sept
couleurs
du
prisme,
ou le
duvet
qui
flotte
En
l’air,
comme
sur
l’onde
un
vaisseau
sans
pilote;
Et
lorsque
je suis
las je
me
laisse
endormir,
Au
murmure
de l’eau
qu’un
caillou
fait
gémir,
Ou
j’écoute
chanter
près de
moi la
fauvette,
Et
là-haut
dans
l’azur
gazouiller
l’alouette.
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Théophile GAUTIER
(1811-1872) |
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Photo en provenance du
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