Dis-moi, pour qui cette fête ?
Chronique Signe des Temps
 

 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

Historienne et romancière québécoise. En 1969, elle fut désignée « femme canadienne-française de l'année » par le magazine Châtelaine. On lui doit notamment le feuilleton télévisé Entre chien et loup, diffusé pour la première fois en 1984, qui raconte la vie rurale des Québécois du début du XXe siècle. Ce feuilleton a ensuite été transposé en roman.

 

 

À chaque année, quand le mois de décembre arrive, la fièvre du Temps des Fêtes nous soulève.  On se demande ce que l’on pourrait faire de nouveau pour s’amuser et festoyer, puis on en vient à poser des gestes coutumiers: dresser le sapin de Noël, entreprendre la course aux cadeaux, faire des beignes et des pâtés à la viande, faire mijoter une dinde dodue ou commander un buffet.

C’est la veille de Noël.  Enfin les préparatifs sont terminés.  La maman et le papa, ou ceux qui en tiennent lieu, échappent un soupir de soulagement. Pourtant, aujourd’hui, ils reprendront la course d’un magasin à l’autre, rêvant de dénicher ce bonheur que le monde de la consommation promet à renfort de publicité… et ça n’en finit plus de finir.

Ce soir, ils termineront l’emballage des cadeaux en espérant que les pantoufles pour tante Malvina seront de la bonne grandeur et que tout ce qu’ils ont acheté répondra aux désirs de leurs bien-aimés.  Puis, le tumulte s’apaisera.  Relaxant dans leur fauteuil, ils auront enfin le temps de réfléchir, de méditer.  Pour qui cette fête ?... Pourquoi tout ce branle-bas ?...

Le sens chrétien de la fête de Noël n’entre pas en conflit avec son aspect profane pourvu que nos agapes familiales et communautaires soient animées par l’amour dont on aura fait le plein à la Célébration Eucharistique en recevant le Pain de Vie.  Qu’importe si les pantoufles jaunes de tante Malvina ne s’harmonisent pas avec sa robe de chambre rose.  L'essentiel, c’est que ses yeux brillent de joie parce que l’on a pensé à elle et que tous vibrent dans une commune union devant la crèche trônant sous le sapin.  Malgré tous les gestes de partage, ce ne sont pas toutes les familles qui feront bombance au réveillon, mais à minuit, les cloches carillonneront pour chacun de nous, annonçant la re-naissance de Jésus dans tous les humains de bonne volonté.

Je n’ai pas acheté de cadeaux et qu’importe ce que je fricoterai à la maisonnée pour souper.  Mon désir le plus cher, c’est que la flamme de l’amour familial s’avive dans nos embrassades et dans l’échange de nos vœux, dans la musique et les chansons à faire lever le plafond.  Pour qui est cette fête ?... C’est pour nous, c’est pour toi !  Qui que tu sois, je prie l’Enfant-Dieu de se nicher dans ton cœur avec sa tendresse, son amour et sa paix.

 

Joyeux Noël !

 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

 

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