Le vieux grand-père

Ivan Savvitch NIKITINE (1824-1861)

Issu d'une famille de marchands ayant quelques attaches avec l'Église, il se fit connaître par un poème patriotique, « La Russie ». Un grand poème, « Koulak », a établi sa renommée. Koulak veut dire: usurier de paysans. Les amis de l'auteur l'aidèrent à ouvrir une librairie dans sa ville natale; ses affaires prospérèrent, lui permettant de travailler et de créer plus librement.

 

 

Tout chauve et portant barbe blanche,
Le grand-père est assis.
Sa tasse avec du pain et de l’eau
Sont posés devant lui.
Le front ridé, blanc comme neige,
Et les traits ravagés,
Il a connu bien des tristesses
Tout au long de son siècle.
Tout passe; et ses forces ont fui,
Et son regard s’émousse.
Et la mort a mis au tombeau
Enfants, petits-enfants.
Avec lui, dans l’izba perdue
Seul un chat vit encore,
Vieux aussi, dormant tout le jour,
Ne quittant plus le poêle.
Il vit de peu, le vieux, tressant
Puis vendant ses sandales.
Cela lui suffit. Son plaisir
C’est d’aller à l’église.
Vers le mur, non loin de l’entrée
Il se tient, ahanant,
Louant de nos maux le Bon Dieu,
Lui, l’enfant du Bon Dieu,
Content de vivre en son coin sombre,
Quoique près de la tombe...
Où donc puises-tu cette force,
Ô pauvre vieux bonhomme ?

 

Ivan Savvitch NIKITINE (1824-1861)

 

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