Ah ! Les remèdes de ma grand-mère !

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

Historienne et romancière québécoise. En 1969, elle fut désignée « femme canadienne-française de l'année » par le magazine Châtelaine. On lui doit notamment le feuilleton téléviséEntre chien et loup, diffusé pour la première fois en 1984, qui raconte la vie rurale des Québécois du début du XXe siècle. Ce feuilleton a ensuite été transposé en roman.

 

 

Depuis ma tendre enfance, j’aime bien étudier le fonctionnement du corps humain, connaître ses fragilités et ses forces.  Je me réjouis de savoir que des maladies telles que la tuberculose, la paralysie infantile, la « grosse picotte », le diabète aient été vaincues.  J’espère que des chercheurs découvriront bientôt de nouveaux médicaments et de nouveaux traitements pour vaincre le cancer, le sida, les maladies cardiaques, etc…

Voilà les réflexions qui alimentent mes rêveries en me berçant devant mon sapin de Noël, tout en sirotant une tisane d' « herbe à dindes » à la mode de ma grand-mère.  Et oui, mon « âbre » de Noël trône encore fièrement dans la maison.  Comme à chaque année, c’est avec nostalgie que je vois s’estomper, un soir après l’autre, les fleurs multicolores parant les maisons des alentours.

En continuant mes réflexions sur l’évolution de la science médicale, je me souviens de Marc Oraison.  Cet homme voulait à tout prix soulager la souffrance des malades et, si possible, les guérir.  Il choisit d’être médecin, puis psychiatre, pour devenir ensuite chirurgien.

Un jour, opérant à nouveau un patient qu’il avait remis sur pied dix ans plus tôt, il se rendit compte que chaque intervention chirurgicale qu’il pratiquait n’était au fond qu’une remise d’échéance.  C’est alors qu’il choisit de devenir prêtre.  Cela va de soi qu’il ne reniait pas la médecine, la chirurgie, la médication et les thérapies.

Cette réflexion me ramène à l’Enfant de la crèche aux bras grand ouverts.  Je ferme les yeux un moment.  À travers son « gazouillis », je l’entends me murmurer son message d’espérance, puis je me laisse envahir par la lueur d’amour inconditionnel brillant dans son regard.  Dans ses petites mains tendues en un geste d’offrande embrassant le monde, émane le Pain de Vie avec sa promesse d’éternité.

À nous de prendre ce bon remède auquel croyaient nos grands-mères.  Il est toujours aussi actuel, toujours aussi bienfaisant et toujours aussi fortifiant.  Approchez, la table est servie !

BONNE ANNÉE ET QUE DIEU TE GARDE !

 

Aurore Dessureault-Descôteaux (1926-2015)

 

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