Le chemin du silence

Albert LOZEAU  (1878-1924)
 
Né à Montréal, il étudie à l'Académie Saint-Jean-Baptiste. À l'âge de 18 ans, il est paralysé, ce qui lui permet de développer ses talents littéraires. Émotif, solitaire et nostalgique, il écrit des vers mélancoliques sur la nature, ce qui lui vaudra d'être inclus dans la littérature du terroir. Il était membre de l'École littéraire de Montréal.

 

L’automne a, malgré ses pleurs,
Décoré les blanches routes
Et fait aux chemins des voûtes
Frémissantes de couleurs.

 Dans les champs nus qui sommeillent
Se dressent des arbres d’or,
Et l’on voit passer l’essor,
Au-dessus d’eux, des corneilles.

 

 Tout est tranquille ; le vent
Souffle dans les cieux, à peine ;
Son imperceptible haleine
Cueille une feuille en passant.

 Et comme un ruban qui brille,
Là-bas, au bout du chemin
Qui trouve en elle sa fin,
La rivière est immobile.

 Parfois, dans le ciel brumeux
Frissonne comme un bruit d’ailes ;
Puis, même les feuilles frêles,
Tout devient silencieux.

 

Albert LOZEAU  (1878-1924)

  

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