À un vieil arbre

 

Pamphile LE MAY (1837-1918)

Romancier, poète, conteur, traducteur, bibliothécaire et avocat québécois.  Poétiquement, il est romantique comme Octave Crémazie, mais en même temps il est plus personnel, s'inspirant notamment de Lamartine.

 

Tu réveilles en moi des souvenirs confus.
Je t'ai vu, n'est-ce pas? moins triste et moins modeste.
Ta tête sous l'orage avait un noble geste,
Et l'amour se cachait dans tes rameaux touffus.

D'autres, autour de toi, comme de riches fûts,
Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste.
Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste;
Et toi-même, aujourd'hui, sait-on ce que tu fus?

 

Ô vieil arbre tremblant dans ton écorce grise!
Sens-tu couler encore une sève qui grise?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés?

Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine,
Et, pour tromper l'ennui dont ma pauvre âme est pleine,
J'aime à me souvenir des nids que j'ai bercés.

 

Pamphile LE MAY (1837-1918)

 

Photo en provenance du Web

 


 

 

Retour aux textes

 

Retour à l'accueil

 

Conception graphique Prélude
Tous droits réservés Copyright © 2012